L'expérience d'une vie épanouie - comment éloigner le burn-out

« L’expérience d’une vie épanouie? … Je suis épuisée, j’ai tellement de choses à faire que personne ne peut gérer à ma place. En fait si : je pourrais déléguer… mais je le ferai plus vite moi-même et ce sera mieux fait ! »

« Je suis enchantée que l’on fasse appel à moi, j’ai beaucoup de dossiers à gérer, ça veut dire que l’on a de l’estime pour ce que j’accomplis sauf que dernièrement c’est trop et je redoute le fait de devoir dire non… en fait je ne sais pas dire non ! »

« Je préfère dire oui parce que si je refuse je dois en donner la raison et ça devient très compliqué à gérer »

« Je ne suis jamais satisfait du résultat, je pars du principe que l’on peut toujours s’améliorer. J’enseigne cela à mes enfants et je veux qu’ils en fassent une règle de vie. Je fais tout pour qu’ils y arrivent et prends sur mes épaules un maximum. Au bureau c’est pareil, mes équipes doivent se dépasser pour que l’entreprise soit fière de nous. A quoi sert une vie si on reste plan-plan et benêt?… c’est vrai je suis un peu fatigué mais c’est passager sûrement! »

Les personnes qui ont grandi dans un système familial dysfonctionnel ou qui vivent professionnellement ou affectivement des relations dysfonctionnelles ont des difficultés à poser leurs limites comme on peut le lire ci-dessus. La situation fait qu’ils ne prennent plus soin d’eux. .. Et les autres non plus !

Les managers pervers qui font du harcèlement moral ne s’attaquent pas à tous leurs collaborateurs, les escrocs ne s’attaquent pas à n’importe qui, ou les maris ou épouses indignes savent quand et à quel membre s’en prendre dans leur famille, en un mot : ils ne choisissent pas leur victime par hasard.

Ce qui est dommageable est que la victime ne se rend pas compte qu’elle prête flanc à ces attaques. De son point de vue elle manque de… ceci ou cela, bref elle manque d’estime de soi. Elle a peu de valeur à ses propres yeux et présente aux autres une faille très facile à exploiter.

Poser une limite signifie : « je me respecte et je vais me protéger d’un comportement inapproprié (personnel ou extérieur). »

Dans toute relation saine, chacun respecte les limites de l’autre et il en résulte une augmentation de l’estime de soi.

Qu’est-ce qu’une limite exactement ?

  • Cela peut être quelque chose de matériel qui établi une limite physique comme une frontière, une barrière, une clôture
  • Cela peut être un espace, une distance physique, émotionnelle, intellectuelle ou spirituelle
  • Les limites peuvent être verbales ou muettes
  • Les limites sont un moyen de nous protéger (sans nous enfermer)

Si intellectuellement c’est compréhensible, la personne souvent très épuisée est dans la difficulté, voir l’incapacité de connecter le moment ou « trop c’est trop » et d’exprimer son sentiment par la parole ou de poser un acte ferme pour se faire respecter. Le décalage entre cognitif et comportemental est trop important pour faire le lien et évoluer.

Quand la goutte d’eau tombe dans le vase, la limite aurait déjà dû être posée depuis longtemps. Or pour tout un tas de (mauvaises) raisons chaque goutte a peu à peu rempli le vase jusqu’à déconnecter la personne d’elle-même. En l’isolant de ses propres ressentis et de l’entourage.

Un seul éclair de lucidité peut changer le cours des choses. Se rendre compte que l’on est épuisé, se rendre compte que l’on est responsable d’avoir laisser glisser l’inacceptable, se rendre compte que la spontanéité a fait place à l’implosion muette qui tue lentement, se rendre compte enfin que l’on est passé de réalisateur de sa vie à marionnette de l’entourage…. en un mot nous sommes devenues des victimes ! Et justement…

Comment devient-on victime ?

  • Douter de ce que l’on ressent comme étant juste.
  • Demander l’avis des autres.
  • Dire oui quand on pense non.

Comme c’est parfois impossible de connecter ce « non » d’autres petites alertes peuvent nous aider à identifier où nous en sommes:

  • se plaindre est un comportement de victime,
  • critiquer,
  • juger,
  • répéter ad nauseam nos problèmes ou au contraire les taire comme si c’était honteux sont autant de comportements qui peuvent dénoncer un comportement de victime.

Comment en sortir ?

Devenir soi-même la voie à suivre est la seule solution pour changer une situation.

Les professionnels sont là pour vous mettre sur la voie d’être vous-même. Ce sera à vous d’identifier si la relation que vous allez construire est saine et vous fait avancer, car là aussi le scénario peut se rejouer.

Il est cependant un être qui vous fera franchir ce fossé sans dommage même si cela peut être confrontant, c’est le cheval. Parce que la vulnérabilité est au centre de la rencontre, il est un formidable catalyseur de prise de conscience de l’identification de la limite à ne pas dépasser. Du fait de sa taille, de son poids, de l’approche en liberté et sans outils de coercition, cette énorme boule de générosité éveille l’expérience de notre sensibilité aux ressentis intacts qui pulsent sous notre peau.

Le corps peut s’exprimer vraiment quand la parole est épuisée, l’oreille écoute autre chose que les mots, le cœur s’exprime au travers de larmes éveillées d’un souvenir empoussiéré de l’enfance qui ne nous sert plus adulte et qui pourtant persiste.

Notre enfance enracinée si loin qui entrave encore nos relations d’adulte au point que l’on s’étouffe professionnellement ou affectivement dans des situations fort peu convenables à qui nous sommes aujourd’hui.

Poser une (ou des) limite(s) en équicoaching est une expérience magique où l’on peut basculer de la peur de s’exprimer à la vulnérabilité d’être soi pour toucher l’euphorie du respect de soi. Le cheval ne ment jamais. Il offre la puissance d’oser exprimer ce mouvement vital de notre être. Ce qui devient libérateur des années d’enfermement que nous nous sommes imposées.

Physiquement exprimer une limite en face à un cheval va avoir pour but:

  • de bien prendre soin de vous (ressentir quand vous vous sentez en sécurité physique et émotionnelle)
  • de bien vous permettre de savoir ce que vous acceptez et ce que vous refusez (et le ressentir physiquement)
  • de bien vous permettre de réaliser que la manipulation vous démuni et les deux bouts de la relation perdent le lien (si je manipule le cheval en lui donnant un bonbon il y a de fortes chances qu’il tente d’obtenir plus ou alors qu’il s’éloigne parce que je n’ai plus rien à lui donner, s’il fouille mes poches c’est qu’il est plus intéressé par ce que je lui donne que par ma présence et ce que l’on pourrait vivre ensemble le temps de ma séance avec lui, … à quoi ressemble ma relation ? Est-ce cela que je veux ? Est-ce que je reproduis cela avec mes collègues et mes proches ?)
  • de bien vous permettre de savoir quand poser une limite forte ou l’adoucir (si je pose une limite trop forte le cheval s’en va (et c’est pareil avec mes collègues et mes proches) si ma limite est posée de manière juste le cheval reste en relation avec moi et nous avons une bonne relation)
  • de bien vous permettre de réaliser que poser une limite ne vous projette pas dans l’abandon (si ma limite est juste le cheval se pose là où c’est confortable pour lui et pour moi sans partir loin de moi – j’expérimente que dire non n’entraînera pas la rupture de notre relation)

Apprendre à se prendre en main, apprendre à prendre soin de soi, à se protéger des intrusions et à se respecter permet d’être soi, d’être solide et de faire l’expérience d’une vie épanouie.