En équicoaching, on privilégie souvent le travail avec ses propres chevaux plutôt qu’avec ceux d’un centre équestre pour plusieurs raisons importantes, à la fois éthiques, pratiques et pédagogiques:
1. Ce qui importe est le bien-être et la disponibilité émotionnelle du cheval
Les chevaux de centre équestre sont généralement :
- sollicités toute la journée,
- habitués à suivre des consignes répétitives,
- parfois fatigués mentalement ou physiquement.
Or en équicoaching, le cheval est choisi pour ses qualités de partenaire sensible. Il doit être disponible, attentif et capable d’exprimer des réactions fines.
Un cheval qui n’est pas sursollicité est plus à même de rester authentique dans ses réponses. Il reflétera facilement l’état émotionnel de la personne accompagnée, et s’il a la chance d’être écouté dans ce qui lui est de trop pour lui, il ne « s’éteindra » pas ou se blindera pas.
2. Comprendre l’essence d’une relation et avoir une connaissance fine du cheval
Travailler avec ses propres chevaux permet de bien connaître leur personnalité, leurs seuils, leurs signaux de stress. Par exemple, j’ai eu deux chevaux au passé dramatique, qui ont mis beaucoup de temps à comprendre ce qu’était l’équicoaching. Je les ai laissé venir à la rencontre des clients. Et si un client souhaitait travailller avec l’un d’eux alors qu’il n’était pas prêt. Je demandais au client de choisir un autre cheval.
Cela permet donc d’adapter les séances en fonction de chaque cheval, et d’interpréter leurs réactions avec plus de justesse.
En équicoaching, le cheval n’est pas un outil, comme je l’entends malheureusement encore dire trop souvent – il est un co-facilitateur. Cette qualité de présence repose sur une relation construite dans la durée.
3. Moins de conditionnement chez le cheval, plus d’authenticité dans la relation
Les chevaux de centre équestre sont souvent très conditionnés :
- à obéir,
- à ignorer certaines incohérences humaines,
- à « faire avec » des comportements variés.
Or, l’équicoaching cherche au contraire :
- des réactions spontanées,
- un miroir émotionnel fidèle,
- une absence de complaisance.
Un cheval peu conditionné réagit plus directement à :
- la posture,
- la cohérence interne,
- l’intention réelle de la personne.
4. L’importance d’un cadre éthique et responsable
En utilisant ses propres chevaux le professionnel est pleinement responsable de leur bien-être. Il connaît et octroie les temps de repos, le nombre de séances et peut tenir compte de l’état de disponibilité de chaque cheval. Et le plus important est qu’il n’y a pas de conflit d’intérêt avec l’activité commerciale d’un centre.
Cela renforce la cohérence éthique de la pratique.
5. Importance de la sécurité et de la fiabilité du cadre
Un cheval que l’on connaît très bien permet de mieux anticiper les réactions, réduit les risques d’accidents (je n’ai personnellement jamais eu d’accidents avec aucun de mes chevaux dans ma pratique).
Connaître ses chevaux favorise un cadre sécurisant pour les participants, souvent novices.
La sécurité émotionnelle et physique est centrale en équicoaching.
A retenir :
Travailler avec ses propres chevaux permet :
- plus de respect du cheval,
- plus de justesse dans l’accompagnement,
- plus d’authenticité dans les retours,
- une pratique plus alignée avec les valeurs de l’équicoaching.
Et si vous n’avez pas d’autres solutions que d’offrir vos services avec des chevaux de centre équestre. Même dans les meilleurs cas, il est préférable d’éviter :
- le travail avec des chevaux très sollicités en reprise,
- les séances longues ou répétées dans la même journée,
- l’utilisation de chevaux différents à chaque séance,
- les accompagnements thérapeutiques profonds sans suivi du cheval (eux aussi prennent cher émotionnellement)
- de travailler sans contrat clair et défini avec les propriétaires du centre équestre



