Mélanie recherche du travail. Des amis lui parle d’un poste à prendre tout en lui expliquant que le collaborateur qu’elle aura a un caractère très difficile. A l’entretien elle constate que ce sera effectivement un challenge quotidien de partager des dossiers avec Jacques… Elle pense que ce n’est pas grave et qu’elle s’en accommodera avec le temps… et elle dit oui! Elle accepte le poste.

La peur de dire non

Dans les trois premières semaines de travail elle sait déjà que sa vie sera un calvaire avec lui. Jacques veut tout contrôler. Elle tente des innovations qu’il lui refuse.

Comme elle est la seule femme dans un milieu essentiellement masculin, qu’elle est jeune, jolie et … blonde : elle se fait chambrer gentiment. Au début elle accepte de bon coeur. Puis elle trouve cela de plus en plus pesant. Et elle se tait. Jusqu’à l’écoeurement.

Elle rentre chez elle avec des dossiers pour être irréprochable, elle ne mange plus au lunch pour boucler les commandes en retard d’un gros client américain… et elle pleure tous les jours d’épuisement. Son supérieur hiérarchique est parfaitement au courant de la situation et lui demande de composer… Jacques est exceptionnellement compétent !

La peur de s’entendre dire non

Elle rêve alors que son contrat s’arrête, comme si le seul moyen de sortir de cette impasse doit venir de l’extérieur.

Chercher un autre job? Elle y a pensé. Elle a timidement regardé quelques annonces il y a plusieurs mois.

– Je dois être réaliste, il y a tellement de personnes en recherche d’un bon poste comme le mien. Je devrais déjà être bien contente d’avoir ce job.

Oui mais… Elle n’est pas contente justement!

Epuisée, elle ne trouve pas l’énergie nécessaire pour se  remettre à chercher. Oui bien sûr elle a répondu à des annonces, envoyé son CV… mais elle n’a plus la force de téléphoner. Pourquoi?

La peur qu’on lui dise “non”!

Il lui semble insurmontable d’entendre qu’elle n’a pas le profil, qu’elle ne correspond pas au poste.

Nous avons tous en nous cette crainte instinctive d’être écarté, de ne pas correspondre à la norme. Dans certaines situations professionnelles cette crainte peut s’exacerber au point de paralyser toute action.

Ne pas recevoir de réponse à un mail, à un courrier ou encore à un coup de fil. La peur d’appeler à un mauvais moment et d’être éconduit sont autant de situations professionnelles courantes et qui si elles s’installent à long terme peuvent mener à de terribles crises d’angoisse et au burn out.

Mélanie partant à la rencontre des chevaux se trouve face à deux chevaux qui l’attire… A qui dire non?

Finalement elle se laissera choisir par une jument, jument qui raccompagnera Mélanie jusqu’à la porte de la prairie.

Choisir ou être choisi? Etre choisi! Dans des situations occasionnelles où l’estime de soi est au plus bas, cette situation extrêmement valorisante va pouvoir offrir un état de bien-être qui  occasionne une prise de conscience positive qui permet de construire.

Dans notre entretien elle identifie qu’elle peut trouver des espaces dans la journée où il lui sera possible de prospecter pour un nouveau poste. Une petite lucarne s’est ouverte dans son quotidien.

Sur une seule journée nous pouvons être amenés à essuyer des refus à plusieurs reprises sans être nécessairement effondrés.

Dans le contexte de crise actuelle beaucoup de personnes se retrouvent acculées à essuyer des refus à répétition ou à dire oui à des collaborateurs, des clients, alors qu’une petite voix au fond d’elles crient “au secours”… Elles en arrivent alors à être vidées de leur propre énergie comme de leur propre substance. Elles se trouvent dans l’incapacité de faire des choix et de comprendre comment elles en sont arrivées là.

La simple bienveillance de la jument dans la rencontre aura déjà réglé émotionnellement un problème que la jeune femme se refusait jusque là à elle-même. Il se peut que Mélanie ait manqué de cette bienveillance plus tôt dans sa vie, il se peut qu’elle ait cette disposition pour répondre à une image qu’elle croit être “forte” ou parce qu’elle évolue dans un contexte social qui lui dit qu’elle n’a pas le choix. Ce qui importe c’est qu’elle puisse apprendre ou réapprendre à écouter quand la blessure du refus prend des proportions inappropriées et quand elle écarte sciemment les contextes qu’elle sait ne pas lui convenir.

Sur ce premier état de bien-être positif activé par la jument, le coaching va se construire de rencontre en rencontre jusqu’à retrouver la capacité de faire des choix conscients en résistant aux pressions extérieures inappropriées.

Question :

  • Comment vivez-vous les situations de refus?
  • Quelles sont les situations où vous devriez dire non pour vous respecter dans la négociation?
  • Pourquoi avez-vous dit oui?
  • Quel prix payez-vous quotidiennement pour ce oui de trop?