L’équi-coaching est en vogue c’est un fait. Quand j’ai commencé il y a plus de 10 ans, peu de monde comprenait ce que je faisais et mon activité était associée à de l’hippothérapie (au mieux) ou à de l’équitation (au pire). Pourquoi ces amalgames ? Parce que notre capacité cérébrale à rapidement saisir le complexe est limitée et qu’un cheval pour 98% des personnes ça se monte ou ça se mange … alors que ce puissant animal puisse développer les compétences relationnelles d’un manager c’est très complexe à comprendre ma bonne dame, surtout quand on est en costume trois pièces dans un networking un verre à la main avec l’intention de se faire connaitre avec des mots simples! L’équicoaching est d’autant plus compliqué à expliqué qu’il s’agit d’une sorte d’overview effect, comme les astronautes ayant vu notre petite planète bleue, c’est souvent en passant par l’expérience que les managers ont ce “ahah moment” qui les font comprendre ce qu’est l’equi-coaching. Mais passons, là où je veux en venir c’est l’amalgame avec l’équitation. Il y a plusieurs courant et manière de pratiquer l’equi-coaching. Personnellement il m’apparaît comme capital de laisser le cheval libre de s’exprimer pour obtenir des prises de conscience authentiques soutenues par les interventions des équicoachs professionnels qui facilient cet apprentissage par l’expérience. Le client sait aussi qu’il est libre de s’exprimer. Je disais plus haut que l’amalgame à l’équitation était la pire. Pourquoi? Tout simplement parce que le modèle équestre proposé dans 98% des cas est basé sur un principe de domination. Certes c’est une compétence relationnelle quand c’est bien le cas. Elle possède cependant ce bémol qu’elle ouvre la porte à tous les abus du fait que c’est une façon d’éviter de ressentir la vulnérabilité au fond de soi. On le voit facilement dans le monde politique et tout autant dans le monde de l’entreprise, comme dans le commerce et dans le monde tout court. La domination en soi n’est ni positive ni négative. C’est la façon dont on l’exerce qui définit son bon ou son mauvais usage. Il s’agit d’une sorte d’échelle de mesure qui va du bon usage – s’il sagit d’exercer sa domination pour mettre à l’abri d’un danger – au mauvais usage quand il s’agit de faire pression jusqu’à l’abus physique pour obtenir une réponse ou un mouvement. Avant d’être professionnelle de l’equi-coaching j’ai commencé par l’équitation. Et quand j’ai fait l’acquisiition de mon premier cheval en 2003, le seul modèle de cours que l’on me proposait pour le monter était la domination via une augmentation de moyen de coercition mécanique qui consistait à imposer au cheval par la douleur le mouvement ou l’allure ou l’arrêt à exécuter. Et si je tombais il fallait remonter, même si mes genoux en coton se dérobaient pour prendre appui sur l’étrier. Combien de personnes ont-elles abandonné l’équitation à cause de cela ? Combien de jeunes et moins jeunes ont désertés les clubs et centres équestres en trimballant toute leur vie la peur du dominant? Combien de personnes se sont-elles retrouvées à l’hôpital en pièces détachées à cause de cela ? J’écoutais ce que l’on m’enseignait et mon cheval Lancelot répondait « même par la douleur tu ne m’arrêteras jamais ». C’est là que certains abandonnent, c’est là que j’ai voulu comprendre. C’est ce message qui m’a ouvert les yeux et guidé pas à pas vers l’equi-coaching et l’acquisition de compétences relationnelles. Car il s’agit bien de cela en equi-coaching : acquérir des compétences de tact, de bienveillance, d’écoute, pour déployer dans un ballet subtil tout ce qui est de l’ordre de la confiance en soi, de la confiance en l’autre, de l’assertivité et du leadership autant que d’apprivoiser son stress en situations complexes. Toutes formes d’aptitudes impossible à acquérir réellement une cravache à la main et encore moins assis sur un cheval toujours accompagné de la dite cravache. J’ai dernièrement constaté qu’apparaît à l’horizon tout nouveau de l’equi-coaching une pratique récente (bien qu’elle soit vieille comme le monde!) pratique exercée par des personnes se positionnant comme équicoach rendant extrêment confuse ce qu’est cette approche déjà compliquée à appréhender : j’ai nommé l’équitation ! Que chacun ait sa vision des choses fait la richesse de ce monde. Cependant je m’insurge contre la dérive que cela représente. C’est pour moi mélanger toutes les approches sans respecter ni les clients – surtout pas les clients – ni les chevaux, à qui généralement l’avis est rarement demandé. L’authenticité, l’esprit d’équipe, la clarté des rôles et le calme sous la pression sont les thèmes des programmes présentés. Cela sonne bien, je dirais cela claque bien – comme un fouet – aux oreilles des dirigeants et autres managers à qui s’adressent ces offres. Dans la réalité quand vous posez quelqu’un sur un cheval qu’il ne connaît pas pour partir en ballade, il sera seulement un passager, peut-être essaiera-t-il de diriger un tout petit peu le cheval, dans tous les cas il le fera d’une façon totalement incompétente et maladroite. Il n’y aura aucun esprit d’équipe entre le cheval et son cavalier … dans le cas d’espèce son passager – et les rôles seront très confus. Pour le client qui est sensée être le leader du cheval, s’il ne connaît pas le cheval ou s’il n’est même jamais monté sur un cheval de sa vie, comment diable peut-il prétendre à être un leader authentique dans une situation aussi inégale? Sans aucun doute être calme devant la pression sera nécessaire, dans tous les cas ce sera assez forcé et surtout pas très authentique ! Alors monter à cheval est injuste. C’est injuste pour les clients et totalement déplacé pour les chevaux. Pourquoi obtenir par la force ce qui peut s’éveiller par la compréhension de soi ? L’équitation par la domination enseigne un leadership de type grégaire dominant :
  • Refuser de prendre en compte les compétences des équipes
  • Nier les collaborateurs et les équipes
  • Oublier d’être humble
L’équitation a pour finalité de monter sur un cheval et il faudra développer des compétences au cours de cet apprentissage. Et si vous voulez qu’il y ait de l’authenticité, de la clarté des rôles, du calme et de l’esprit d’équipe il faudra monter avec l’accord du cheval et sans moyen de coercitions. Et cela prend du temps, beaucoup de temps. Ce facteur temps que l’entreprise appréhende avec trop d’anxiété que pour être disponible. L’equi-coaching a pour finalité d’accompagner au développement de compétences relationnelles au travers d’activités en lien au cheval qui va offrir des apprentissages de nos comportements comme autant de miroirs à facettes. Laissons-lui cette magnifique habileté sans tenter d’y ajouter des outils ou d’abusivement caracoler sur sa croupe pour un savoir-faire qui se dévoile très bien dans la rencontre au sol en totale liberté. Vous aimerez aussi : L’équicoaching un fourre-tout galvaudé