Dans l’enfer de la perfection, nous avons mis en lumière la raison pour laquelle un burn-out peut survenir si nous nous focalisons sur l’idée d’un monde parfait.

Comme il démontre fort bien les mécanismes d’un burn-out et ce en quoi l’intervention du cheval est efficace, voici la suite de ce coaching.

Isadora était fière d’assumer toutes les casquettes pour que tout soit parfait au point d’avoir oublié ce qui lui faisait plaisir.

Au fil des années dans cette recherche de la perfection, elle s’était auto-éjectée de sa zone de confort.

Le burn-out se caractérise par une anesthésie des limites, et force est de constater toute la difficulté de retourner dans la zone de confort pour se reconstruire car le manque de sensibilité est général.

Nous souhaitons tous réussir. Et de préférence le succès devrait être immédiat. Notre environnement nous a souvent poussé à « atteindre nos objectifs », à « avoir de l’ambition », à « faire mieux ». En conséquence nous exigeons tellement de nous que nous sommes rarement heureux du résultat.

Et pour cause! Il nous est sans cesse demander de « faire plus », de « faire un/des effort(s) ». Très tôt déjà, les bulletins scolaires sont émaillés de ce genre de commentaires. Alors cela résonne particulièrement bien quand on évolue dans un contexte professionnel de crise. Malheureusement au bout du couloir le burn-out attend patiemment de remettre les événements à l’endroit!

Isadora a des difficultés à se défaire du regard des autres et de son propre regard sur sa réorientation de carrière.

Sporadiquement revient un ancien réflexe :

« Il faut que ça avance! »

Et le danger est de vivre cette reconstruction lente comme un échec parce que ce « je devrais » cache une petite voix qui dit « tu n’es pas capable ».

Chaque rencontre avec le cheval est cependant libérateur car sa présence ancrée, sa générosité va faire découvrir à Isadora quand la distance est confortable et quand elle va trop loin. Lui ne bouge pas, il la regarde s’approcher avec bienveillance pendant plusieurs séances.

« Et si en fait j’étais exactement là où je dois être? Là où j’ai besoin d’être. »

De son projet professionnelle, elle me dira :

« Je refuse de travailler sous pression. Je veux être connue pour le fait que je prendrai mon temps avec chaque client »

Je lui reformule sa phrase et elle éclate de rire.

« Pour quelqu’un qui se met la pression constamment, être connue pour prendre son temps, c’est une belle évolution! »

En trois mois, le cheval aura enseigné à Isadora comment prendre soin d’elle, comment reconnaître ses limites, comment les faire respecter. Il l’accompagne seul dans un centrage parfait pendant que les autres membres du troupeau font à peine attention à notre présence dans le parc. Cet apprentissage permet de grandir et de développer une assertivité toute neuve qui changera la vision de son projet et de ses relations.

Son assertivité récente lui permet de mettre elle-même un terme au dernier lien contractuel qui la lie à son passé professionnel. Cela fait, le reste de sa réorientation de carrière prend forme : devis, business plan, etc. Et tout cela se met naturellement en place, sans rien forcer. Un événement après l’autre.

Isadora n’a pas besoin d’atteindre des performances que personne ne lui demande.

Nos résultats viennent de tellement de facteurs différents. Ils proviennent de nos expériences de vie, de nos compétences, de notre niveau de confiance en soi. Chaque rythme est différent. Ce qui compte c’est notre propre vision de la situation. Ce qui compte c’est arrêter de focaliser sur la pensée de ce que les autres souhaiteraient de nous sans même leur en avoir parlé.

Selon Malcom Gladwell les personnes qui réussissent de manière exceptionnelle – celles qui maîtrisent un sujet – ont passé au moins 10.000 heures à travailler à cet aspect de réussite particulier. Dix mille heures. C’est à peu près trois heures par jour pendant dix ans. Cela nous invite à mettre en perspective le temps nécessaire à développer un niveau de compétences. A accepter de prendre le temps.

Si vous ne pouvez pas changer le contexte de travail, vous pouvez changer les raisons intérieures qui vous ont mené au burn-out :

  •     le manque de limites
  •     le besoin d’être parfait
  •     la dictature de l’urgence
  •     la peur du jugement,
  •     le regard des autres
  •     tous les « je dois », « il faut »
  •     …

C’est quand Isadora a retrouvé sa zone de confort en conscience et qu’elle apprend à savoir dire non que les autres membres du troupeau viennent tester sa capacité à poser des limites. Alors que pendant toutes les séances précédentes seul le cheval en lien avec elle lui avait accordé de l’importance, une fois qu’Isadora fut prête à incarner son projet, chaque cheval est venu tester cette nouvelle compétence toute neuve… au point qu’elle a cru que j’avais préparé mes chevaux!

Quand vos espoirs ne sont pas en ligne avec votre réalité le langage populaire dit que vous êtes « à côté de vos pompes » …  et c’est bien ce que ça veut dire : pour les chevaux vous n’existez tout simplement pas! Ou alors vous êtes frustré, en résistance à vous-même, à votre patron, vos collègues, à l’environnement … dès que vous apprenez à ajuster vos attentes à la réalité de votre situation les chevaux vont alors vous confirmer ce changement par un comportement différent.