Pourquoi changer est si compliqué? Depuis 11 mois c’est la première fois que je pose un transat près de mes chevaux pour écrire un article. Tout ces mois-là j’ai dû m’adapter et me suradapter à des circonstances de vie auxquelles, pour certaines, j’étais en partie (mal) préparée malgré tout. Reste l’adaptation …

Cela m’amène à questionner cette difficulté générale de l’adaptation au changement. Pourquoi est-ce si difficile de changer ? La sortie de zone de confort, sans doute, l’idée que l’on s’en fait sans doute aussi. L’environnement extérieur qui évolue également. Nous préférons parfois nous accrocher à des acquis poussiéreux quitte à en souffrir!

Le changement nous demande d’accepter un nouveau paradigme et c’est inconfortable tant qu’il est mentalisé. Pour beaucoup être contre toutes innovations est une attitude réflexe faite de colère, de frustration et d’inquiétude. Toute sorte de résistances, de croyances, d’appréhensions et d’objections apparaissent qui prennent beaucoup de place dans le champ de la conscience.

Je prends l’exemple d’une bouteille d’eau en plastique. Cette invention (qui représentent une belle victoire financière pour ceux qui la produisent) a ce côté pratique de pouvoir boire de l’eau n’importe où l’on se trouve sur cette planète est un exemple parfait de notre manque d’adaptation. 

Aujourd’hui cette bouteille en plastique est maudite pour des raisons écologiques évidentes… et pourtant … les entreprises continuent d’en vendre tous les jours dans les grandes surfaces dans le monde entier.

Comment un cerveau normalement constitué et conditionné à boire son litre et demi d’eau en bouteille plastique tous les jours peut-il du jour au lendemain se passer de celui-ci si un marketing intelligent lui vante les bienfaits sur une étiquette, qu’il en a sous les yeux où qu’il aille, et qu’il peut se l’approprier au premier drugstore du coin ? Comment peut-il refuser de boire la dite bouteille dans une réunion où c’est le seul contenant disponible à étancher sa soif ? Comment peut-il refuser de la boire en voyage alors que c’est la seule alternative qu’on lui offre et parfois comme étant la seule solution salubre?

Ledit cerveau comprend intellectuellement que l’impact sur l’environnement est détestable, il a vu les photos de mer de plastique sur Facebook et il a même fait un clic du smiley fâché… alors que le corps qui lui appartient tient une bouteille en plastique à la main ! Et oui, c’est dingue mais c’est comme ça ! Il a même acheté la bouteille parce que l’eau qu’elle contient va le rendre plus sexy, plus sain, plus performant, plus … écolo (hélas oui ! la vente vantée de la pureté d’une eau issue d’un volcan éteint fait oublier qu’elle est dans du plastique !)…

Par contre si lors d’un voyage le cerveau rencontre cette fameuse mer de plastique le choc de la réalité va lui faire prendre conscience – momentanément – qu’il est nécessaire de changer quelque chose… jusqu’à qu’il reprenne l’avion où il trouve sur son plateau repas et sur les charriots des hôtesses majestueusement posée LA bouteille en plastique, avec son kit de voyage incontournable que sont les assiettes en plastiques, les gobelets en plastique, les conditionnements en plastique etc…

J’ai pris cet exemple parce qu’il est d’actualité et nous concerne tous. Cependant presque tous nos comportement délétères proviennent d’un cerveau vivant sur la notion du manque (manque de performance, manque de succès, manque d’appartenance, etc…) et incapable de prendre des décisions sans être passer par un choc dont découlera une vraie prise de conscience. Le changement est inévitable. Il est cependant préférable que nous en fassions l’expérience par décision personnelle plutôt que de laisser le changement prendre les rênes de la situation… car ça peut devenir très douloureux. Serait-ce une de ce pourquoi changer est si compliqué?

Le cheval a quelque chose de fondamental à nous apprendre aux sédentaires que nous sommes devenus : la vie est mouvement! Avec le cheval cette prise de conscience est aisée : si vous ne bougez pas ce sera le cheval qui vous fera bouger. Et ça peut faire mal aux orteils! C’est un animal de mouvement que nous avons bien tentés de sédentariser sans trop de succès. En effet s’il est adaptable à une vie en box il ne s’y est pas adapté.

De nomades comme eux nous sommes devenus sédentaires, spécialistes d’un milieu très précis. Trop adapté, le cerveau devient inadaptable à l’environnement qu’il a pourtant contribué à créer. Et le revers de la médaille est notre vulnérabilité voir incapacité à abandonner des comportements toxiques – je cite mon exemple : la bouteille en plastique.

La décision du cheval sera toujours le mouvement. Comprendre la dynamique de la vie grâce au cheval peut nous aider à avancer sur certaines de nos croyances , incohérences ou habitudes comportementales ancrées depuis l’enfance. Bouger ou être bougé, c’est la proposition du cheval et elle permet de comprendre que la vie est un mouvement vibrant et dynamique qui comble nos manques autrement mieux que par une promesse de longévité sur une bouteille d’eau !

Faire bouger un cheval demande d’être cohérent parce que dans la nature il doit sa survie aux messages cohérents de celui qui mène le troupeau pour que tout le monde se sente en sécurité émotionnelle et physique.

Etre suivi par un cheval permet de comprendre physiquement ce que c’est que d’être cohérent… et tous les manques s’envolent parce que cela permet d’avoir confiance en soi, de développer son charisme et de vivre la joie du succès et de prendre la décision de continuer le mouvement – autrement dit continuer d’évoluer!

Cette attitude est motivante pour les autres. Etre un exemple de changement réussi permet aux autres de faire la même chose, d’oser et de bouger.

Alors pourquoi est-ce si difficile de changer? Probablement parce que nous n’avons pas encore fait l’expérience de quelqu’un ou quelque chose qui nous a fait bouger ou nous donne envie de bouger. Vous constaterez par la photo de cette article que je m’affiche avec l’objet de mon article. Et oui! Moi aussi il m’aura fallu du temps pour l’abandonner…

Nous restons engourdis sous une avalanche de messages paradoxales attendant que le changement nous fasse bouger. Dommage, c’est à nous que l’initiative du mouvement devrait revenir. Pourquoi laissons-nous ce pouvoir à l’extérieur? Peut-être l’objet d’un autre article…

Bonne rentrée!

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