C’est un constat affligeant : nous sommes bloqués dans un énorme bourbier aujourd’hui. Le soleil des vacances pourrait nous le faire oublier mais il y va de notre responsabilité personnelle de vouloir changer les choses. Pourquoi? Parce qu’il s’agit de notre vision du monde. La cause de notre faille collective est de prendre un chat noir pour un oiseau de malheur et refuser qu’un cheval puisse être notre coach guérisseur!

Qu’est-ce que c’est que cette phrase? Elle signifie simplement ceci : nous vivons dans une société dont les entreprises font la place belle aux psychopathes! Nous sommes dirigés par des schizophrènes! Et nous l’acceptons sans sourciller ou si nous avons un vague doute, nous faisons tout pour éviter de regarder en face cet état de faits. Par contre, penser qu’un cheval, cet immense quadrupède qui nous a porté sur son dos durant des guerres entières, pourrait nous enseigner une nouvelle forme de leadership alors là …

Nous fréquentons tous les jours ce genre de personne cupide, manipulatrice, impitoyable qui par diverses techniques de séduction et sans empathie émotionnelle fera tout pour atteindre les sommets. Selon Paul Babiak, psychologue industriel, un dirigeant sur 25 serait un psychopathe. Il y a 10 ou 15 ans, lorsque les entreprises étaient davantage hiérarchisées et réglementées, les psychopathes à cravate avaient plus de mal à gravir les échelons. Mais dans l’environnement économique actuel, toujours plus compétitif, plus rapide et déréglementé, leur ascension est facilitée.

Dans son livre « Snakes in Suits : When Psychopaths Go to Work » (Les serpents en complet-veston : Quand les psychopathes vont au travail) co-écrit avec le Dr Robert Hare, le spécialiste de la psychopathie, Paul Babiak, psycholoque industriel écrit :

«Ils se révèlent charmants, un peu grandiloquents, un peu narcissiques, mais cela apparaît comme de la confiance en soi, décrit-il. Ils sont manipulateurs, mais passent pour des gens persuasifs. Ils manquent d’empathie, mais dans le monde des affaires, ce n’est pas nécessairement vu comme une mauvaise chose, spécialement quand il y a des décisions difficiles à prendre, comme fermer une usine ou une manufacture

Les psychopathes sont incapables de ressentir des remords, de la culpabilité ou de se mettre dans la peau de quelqu’un d’autre. Ils sont narcissiques et dictatoriaux. Plus ils sont atteints, meilleure est leur apparence, leurs charisme et leurs talents d’orateur. Ils s’ennuient rapidement, recherchent la gratification immédiate et voient leurs collègues de manière strictement utilitaire. Résultat, ils minent le moral de l’équipe et freinent la productivité, souligne M. Babiak. 

Dans une société où l’argent est un des facteurs de réussite référentiel,  ces psychopathes à succès comme on les appelle aujourd’hui déploient sans remord leur nette tendance à exploiter les autres. Ce qui les différencient des criminels est qu’ils sont moins enclins à l’agression physique, ils sont moins impulsifs et vivent dans la peur chronique du gardien de prison.

Nous sommes tous responsables de nous comporter comme des psychopathes à partir du moment où nous faisons tout pour supprimer des émotions que nous jugeons inadéquates!

Que peuvent bien nous apprendre les chevaux?

Je me souviens de cette femme, cadre dans une entreprise internationnale, qui a refusé net, et avec un émotionnel intense, de faire un parcours avec un cheval dans le cadre d’un séminaire de leadership. Le parcours proposé invitait à identifier – et dépasser, certains obstacles que les participants rencontraient dans l’actualité de leur activité professionnelle. Elle semblait terrorisée. Après que ma collègue l’ai pris à part pour un moment d’introspection individuel, elle est revenue, toujours très émue et cette fois avec l’intention de juste approcher le cheval. Elle m’a dit vouloir seulement le toucher avec ma présence à ses côtés. Dès son entrée dans la piste j’ai ressenti un tsunami d’émotions et le cheval a brusquement levé la tête… un moment suspendu pour tout le monde. Elle s’est approchée du cheval. Elle lui a caressé l’encolure, a pris le licol et alors que personne ne s’y attendait, elle a fait le parcours en entier. Elle s’est alors plantée devant le groupe des autres participants et nous témoigné avec un immense sourire embrouillé de larmes qu’à l’issue de ce séminaire, et sous l’injonction de sa hiérarchie, elle serait dans l’obligation de licencier une personne de valeur extrêmement compétente.  Cela représentait un conflit intérieure presque insurmontable. Là le cheval lui a montré d’autres options qu’une seule vision de l’événement.

Voir le cheval et entendre l’énoncé du parcours lui avait permis d’identifier qu’elle violait ses valeurs personnelles dans le cadre de ce qui lui était demandé. Approcher le cheval et ressentir sa bienveillance l’ont encouragé à faire le parcours avec lui. Cela lui a fait comprendre que non seulement elle se devait d’agir pour rester en accord avec elle-même mais aussi que c’était de l’ordre du possible.

Parce que les chevaux sont des experts en intelligence émotionnelle et qu’ils ont besoin de savoir si la personne qui les approche est une personne de confiance, toute personne sans véritable empathie émotionnelle sera vite révélée lors d’un atelier d’équi-coaching. Les chevaux vont directement dans la vérité et c’est sans doute cet aspect rapide, efficace, dérangeant qui fait que l’équi-coaching est une forme d’accompagnement troublante. Les masques tombent… et cela se fait cependant dans la plus grande bienveillance.

Les chevaux nous révèlent à quel point nous sommes aveugles à la dimension profonde du leadership. 

L’angle mort de notre vision réside non seulement dans les exemples de leadership que nous rencontrons mais aussi dans nos propres interactions sociales quotidiennes. Nous sommes aveugles à l’ancrage, nous sommes aveugles à ce centre intime à partir duquel un leadership efficace et une interaction sociale deviennent un état d’être.

Nous savons beaucoup de choses sur ce que sont les leaders et sur ce qu’ils sont supposés devoir faire mais que savons-nous sur cette place intime, cette source à partir de laquelle ils opèrent? Les chevaux vous font rapidement découvrir cet endroit d’où l’on assoit un leadership dont l’empathie est un élément indispensable. 

Un leadership réussi dépend de la qualité d’attention et d’intention que le leader apporte à chaque situation, à chaque instant. Il s’agit d’avoir un esprit ouvert, un coeur ouvert et une volonté prête à tout. Le cheval vous emmène sur cette voie royale et ce sans que vous ayez besoin de prendre des cours d’équitation pendant des années car il s’agit tout simplement d’être … à côté de lui.  Apprendre à porter son attention sur les limites à poser, sur l’autorité juste à avoir, sur le rôle à tenir et la tâche à accomplir, ces fondements qui font la qualité de présence d’un leader authentique.

Source : le site du Dr Robert Hare : http://www.hare.org/welcome/

Avertissement : les tests ne sont pas diagnostics!

Test en français : Quel leader êtes-vous?

Test en anglais : Votre collègue/votre patron est-il psychopathe?