Je reçois en consultation privée d’équicoaching des personnes qui me demandent de les aider à « aller de l’avant »,  à « maîtriser » leurs émotions.

Avec des idéaux déraisonnables de perfection glaciale présentant au monde une version fausse de ce qu’elles ressentent vraiment, elles recherchent à être justes… sans se rendre compte qu’elles se sont perdues en cours de route!

Nous avons tous d’incontournables « ressentis » qui sont l’expression physique de nos émotions et ce dès la naissance! 

Se priver de ces ressentis est se priver d’une part importante de notre intelligence et de nos apprentissages.

Quand l’entourage l’ignore, ou est sans maturité à pouvoir vous aider à le rencontrer, ce fameux ressenti est déstabilisant. Le cheval est seulement et avant tout dans le ressenti. Il ne parle pas, il ressent. Il ressent si vous êtes joyeux ou en colère, ou encore triste… et c’est à cette émotion qu’il répond.

Quand nous sommes dans le faire et le verbal nous nous coupons d’une part importante d’informations : nos émotions. L’apprentissage avec le cheval va être de se reconnecter à soi, aux émotions et à leur message.

Lors d’une intervention avec des managers de haut niveau, cette jeune femme expérimente son assertivité en invitant le cheval à faire une figure sur la piste. Figure dont elle a elle-même décidé le tracé. Le cheval ne bouge pas et l’émotion monte. « Je suis en échec » me dit-elle. 

Le cheval aurait-il envie d’être en lien avec une personne qui se vit en échec? 

Nous faisons un rapide point pour qu’elle puisse se centrer et réaliser qu’il s’agit plus d’être avec l’autre que de préfigurer ce qu’il y a à faire et …. le cheval la suit! Et il la suit sur l’entièreté du parcours qu’elle a décidé. Elle partagera :

« Avant le centrage, je n’étais pas avec lui. J’étais dans le résultat final avant même qu’on ait démarré et en pleine frustration. Une technique équestre ou un code m’aurait sans doute permit de le faire bouger mais je n’aurais rien appris sur moi. »                                                 

Dans le monde équestre on va vous dire de ne pas « montrer » votre peur ou vos émotions et l’enseignement va être de vous faire croire que par des pressions ou des codes vous avez résolu le problème. 

Il s’agit moins de montrer ou non quelque émotion que ce soit que de tout simplement accepter de la ressentir.

Autrement dit, il s’agit moins de les maîtriser que de les accepter telles qu’elles sont! Et apprendre à privilégier et cultiver celles qui procurent une énergie positive sans pour autant étouffer les autres.

Une des principales caractéristiques des personnes qui réussissent est qu’elles expriment leurs émotions d’une part et leur joie en particulier.

Lors d’une autre journée d’entreprise cette femme chef d’entreprise est en bavardage constant avec le cheval qui la bouscule un peu. J’interviens et elle me dit « je suis quelqu’un de verbal ». Je l’invite à s’ancrer et le cheval refuse de la suivre pour continuer son parcours. Elle se plaque un sourire sur le visage et la tension monte. Sourire ne signifie pas montrer de la joie. Nous pouvons sourire et être en colère au coeur de nous-même. La pression artérielle de l’émotion réprimée va influencer le cheval.

Elle avoue courageusement : 

« c’est difficile d’être assertive sans être agressive ».                                                                   

Augmenter l’énergie signifie communément de se durcir. Il s’agit plus d’être claire et de démontrer de la satisfaction dès l’obtention d’un signe dans la bonne direction pour que la confiance s’installe et que le parcours se mette en place. Comme avec un collègue de bureau en somme!

La joie est une émotion qui se partage et qui permet d’avancer. Une des raisons principales de se fixer un objectif et de vouloir le rejoindre est la joie d’avoir pu l’atteindre, la joie d’avoir pu le partager, la joie d’être félicité, l’anticipation de la joie qui pourra se vivre pour l’étape à venir. Savoir que la joie active notre envie de vivre, de découvrir et d’entreprendre devrait faire réfléchir. Encore faut-il que cette joie soit authentique …

Loin de toute équitation même éthologique,  l’équicoaching est ici la découverte écologique de vous-même car prendre sa responsabilité est un signe de leadership. Et prendre sa responsabilité est de reconnaître qu’un « sois parfait » n’est pas authentique.

Etre leader c’est reconnaître ses imperfections, accepter d’être vulnérable et démontrer aux autres comment vous vous débrouillez avec ces émotions.