Plus de la même chose génère le même résultat … et de frustrations ! Madame Z…  est grande, semble sûre d’elle et nous fait des confidences sur certains membres de son personnel d’un air entendu.

– Celui-la je peux lui demander la même choses trois fois par jour et je suis sûre que ce ne sera pas fait !

– Et celui-là moin Dieu qu’il est bête … on peut lui expliquer dix fois, c’est après que je me rends compte qu’il ne comprends rien !

Elle est en piste avec d’autres dirigeants qu’elle a regardé évoluer sur un parcours avec plus ou moins de facilités. C’est son tour. Seule dans la carrière, elle tente de faire avancer la jument qui montre tous les signes d’un ennui profond. Cette dirigeante habituée à ce qu’on lui obéisse au doigt et à l’œil parle, s’agite sans que rien ne change. Face à la jument le réflexe est le même qu’avec ses équipes. « Il ne comprends rien ce cheval! « …

– Et si nous disions que la jument est un membre de votre personnel, comment feriez-vous différemment ?

  • Avec le licol, c’est plus facile… vraiment!

Avec un moyen de coercicion c’est toujours plus facile ! Je suis sûre qu’à ce moment précis une badine à la main la situation changerait. L’arrivée inopinée de cet objet contondant pourrait redonner confiance que la dominance est une solution rapide et efficace.

Dans une société en stress, voulant tout vite, nous faisons souvent l’économie du lien pour aller droit au but en écrabouillant nos relations au passage. Madame Z… s’en rend compte. Dominer est efficace pour obtenir un résultat rapide. Par contre totalement inefficace pour appréhender les situations de résistance silencieuse.

– Qu’est-ce que vous pourriez perdre de si important à essayer de faire les choses différemment?

Parce que voilà : point d’objet contondant sous la main… Seulement son statut de dirigeante d’entreprise décidée à faire avancder les choses – et dans ce cas diriger la jument comme – espère-t-elle – faire obéir un employé un peu récalcitrant.

Les chevaux ont toujours représentés un symbole de pouvoir. Et prouver qu’on les domine et un signe de victoire pour beaucoup.

La jument la regarde venir et se gratte une jambe nonchalemment. Quand la dame à côté d’elle montre les signes d’un grand énervement elle réponds par un léger abaissement des oreilles en ailes d’avion.

Que se passe-t-il ? La dame en complète déconfiture a une attente… démesurée ! Elle attend que la jument se soumette car elle a un statut qui lui permet en entreprise d’avoir une place et un pouvoir que personne ne lui conteste. Cependant cette place reconnue de tous lui joue des tours car elle rencontre des résistances qui lui échappe. C’est pour ça qu’elle est là, et elle espérait bien avoir de meilleurs résultats !

Elle attend d’être comprise rapidement, d’être respectée. Or elle est plus souvent à traiter son entourage par la menace (la porte est là), le jugement (bande d’incapables), ou le mépris (qu’est-ce qu’il est incompétent !). Elle est en colère parce que ce qu’elle attend ne vient pas et elle reproduit cela parfaitement avec la jument.

  • Ca me parle de moi… J’attends de mon personnel qu’il comprenne mes demandes non seulement, mais qu’ils les dépassent aussi. Je veux qu’ils soient les meilleures, que l’on soit reconnu pour notre excellence, dit-elle.

Des émotions montent, la voix est moins assurée… la façade se fendille. Elle comprend mieux ce qui se passe, elle comprends mieux que d’extérioriser sa pression sur l’autre est une manière d’éviter ce qui se passe à l’intérieur d’elle-même.

Avec un statut cela semble plus facile. Cela cache parfois un mal-être profond qui tente à combler un manque d’aisance à communiquer, des besoins de réussite sociale, de succès, de manque de confiance en soi ou de reconnaissance. Le manque d’estime de soi peut aussi être un bon marche pied pour écraser les autres.

La réussite sociale à ce stade permet de grimper les échelons de l’égo. Conduire une équipe demande autre chose. Pourquoi ? Parce que le ferment de la relation, la base sur laquelle se construit la motivation est totalement inexistante.

L’équicoaching propose en douceur cette prise de conscience.

Construire une relation cela peut prendre un peu de temps, cependant c’est un investissement plus durable qu’un titre qui serait lu comme une étiquette sur un pot de yaourt !

Ces fractures personnelles sont mise en lumière grâce au manque de fouet, de cravache, de licol… ces artifices utilisés par tradition équestre d’un autre âge la conforteraient tout simplement dans le fait que la menace est le bon chemin pour arriver au résultat.

Ces artifices lui éviteraient aussi de comprendre que le lien est inexistant, ou que s’il a existé il est brisé par maladresse ou méconnaissance de construction du lien.

Avec la jument c’est la première chose qu’elle va remarquer. Pas de lien, pas de connexion et même une fine résistance de la part de la jument quand elle l’approche. Madame Z… comprend mieux ce qui se passe, elle comprends mieux que d’extérioriser sa pression sur l’autre est une manière d’éviter ce qui se passe à l’intérieur d’elle-même.

Après un moment d’introspection, elle avoue «j’ai toujours basé ma communication sur le verbal, je me rends compte que j’ai beaucoup à apprendre ».

  • La jument secoue la crinière et fait un pas en avant. La dame s’adoucit, sourit. Je vais devoir apprendre de nouvelles compétences, semble-t-il. Et peut-être me laisser coacher par ce cheval pour apprendre …

Et la jument de baîller à s’en décrocher les mâchoires comme pour confirmer que l’on ne badine pas avec l’équicoaching !