Non-verbal, cheval ou digital? Quelle communication? - Chevalliance

Non-verbal, cheval ou digital? Dans un monde où tout va de plus en plus vite, quelle communication serait la plus claire et la plus efficace? Des études récentes ont démontrés avec certitude que l’utilisation des sms, emails et autres twitos nous éloignent de notre humanité. En effet le digital nous permet d’aller droit au but sans prendre soin du lien social dont nous avons tous besoin et cela peut créer de grands dégâts relationnels en anesthésiant notre essence même, j’ai nommé l’empathie. Le digital nous invite à foncer dans l’urgence sans y mettre aucune forme et parfois à se dédouaner d’une communication téléphonique qui en est presque devenue désuète.

Les périodes de changement provoquent de l’insécurité, et sans prendre de précaution, aucune, nous réagissons dans l’instant de manière brutale et émotionnelle!
Le digital nous offre l’économie d’être en lien à l’autre et de se replacer dans le contexte qu’il puisse lui aussi avoir des sentiments, des envies, des désirs, des émotions.

Sur un écran nous pouvons balayer l’autre d’un revers de main pour communiquer sur nos propres besoins sans se préoccuper de rien d’autre. Les anglais ont pourtant cette très jolie formule qui débute toute communication par : « how are you doing ? » – « comment allez-vous ? ».
S’adresser à quelqu’un de cette manière montre que l’on se soucie de l’autre et de sa santé … si, si, je vous assure l’étymologie de cette expression en est littéralement « comment allez-vous à la selle ? » la fin de la phrase s’étant perdue au fil du temps.
Cette simple introduction offre l’idée que l’autre est pris en compte AVANT d’entamer l’objet plus personnel de notre communication. Cela offre une écoute qui rend l’autre disponible à recevoir.

La communication digitale nous coupe de notre environnement car nous sommes centrés sur ce que l’on veut dire,… et pas sur la personne à qui l’on s’adresse.
Tout l’intérêt des chevaux est qu’ils sont restés en lien avec leur environnement et qu’ils prennent en compte tous les détails autour d’eux. C’est bien en cela qu’ils nous sont précieux. Des adultes et pire des enfants déconnectés de la nature ne feront rien pour la défendre, plus préoccupés qu’ils sont par leurs intérêts propres et leurs écrans, et ils sont/seront incapables de lire le non-verbal ou l’environnement dans lequel ils évoluent.

Rappelons-nous que la Nature n’aura jamais besoin de nous et, que nous le voulions ou non, nous sommes totalement dépendant d’elle.

La vie est mouvement or pour beaucoup d’entre nous, nous vivons avec des schémas mentaux immobiles comme si nous étions paralysés dans des routines dont nous savons fondamentalement qu’elles nous mènent vers une catastrophe annoncée. Nous sommes en dissonance cognitive parce que nous évitons de prendre l’initiative de changer nos comportements.

Nous sommes des prédateurs (les pires de la planète !) c’est-à-dire que nous avons les deux yeux devant ce qui nous donne un focus sur l’avant et nous met dans une poursuite en avant de ce que nous souhaitons atteindre. Nous courons littéralement derrière l’objet de nos satisfactions ou de nos désirs. Et en état de stress notre vision se rétrécit encore plus … ce qui peut nous rendre littéralement aveugle!

J’en veux pour preuve la prise de conscience fulgurante d’une jeune stagiaire cet été. La jeune femme aurait souhaité qu’un cheval qu’elle avait choisi puisse valider l’objet de son coaching. Or « son » cheval choisi ne bougeait pas d’un millimètre ce qui la mettait en émotion. Tout gentiment une jeune jument est venue se placer à côté d’elle dans une posture très contenante. Occupée par son objectif la jeune femme a été incapable de voir la jument avant que je n’attire moi-même son attention dessus !

Apprendre à découvrir la vision d’un cheval va nous offrir une autre forme de communication à l’environnement. Ils sont fondamentalement très curieux. Bien plus que nous qui restons fixés sur un objectif à accomplir coûte que coûte ou une to-do list a cocher sans lever la tête!
Ils nous apprenent très concrètement des fondamentaux que notre niveau de stress actuel et notre vision rétrécie nous empêche d’envisager.

Ce qu’ils nous disent clairement c’est que ce n’est pas la destination qui compte mais bien le chemin pour y arriver.

Le chemin pour y arriver remet en question notre vision linéaire du temps … ce qui est très confrontant pour nous. Les chevaux ne vont jamais naturellement en ligne droite … ce qui est très frustrant.

Nous allons d’un point A à un point B pour aller vite, pour faire l’économie des détours, pour satisfaire un besoin, une envie. Et aller vite nous pousse à être dominant. Cette domination qui met à mal notre communication et par extension notre planète!

Pour atteindre un objectif apprendre à négocier sans outil de coercition ou moyen de pression avec un cheval à qui on a laissé le choix de s’exprimer va nous faire découvrir ce qui se passe à l’intérieur de nous :

– notre obligation de résultat
– notre tendance à la compétition
– notre niveau de stress et de frustration
– notre sentiment d’impuissance
– notre facilité à nous couper de la relation
– notre aisance à utiliser la domination

Quand nous sommes en stress, la frustration ou la peur nous envahissent et notre cerveau reptilien nous offre trois types de réaction :
– l’immobilisme dans lequel nous nous confortons,
– l’attaque agressive et le conflit
– la fuite par le déni, le divertissement et l’ivresse.

Ces réactions sont purement animales. Et pourtant ironiquement, nous nous sommes déconnetés de la Nature. Aujourd’hui le cheval nous invite à retrouver notre humanité et à sortir de notre focus en tunnel.

Je me rappelle de cette cliente qui s’énervait sur une de mes juments qui ne voulait pas avancer car le champ voisin venait d’être balloté. La cliente concentrée sur le fait d’aller en piste se bloquait totalement alors que la jument insistait pour lui dire que l’environnement avait changé.

Avec cet exemple, nous pouvons constater à quel point nous avons oublié que nous sommes posé au milieu de la Nature et entouré d’un monde vivant, en mouvement, dont nous faisons partie. Et aujourd’hui nous sommes condamnés au changement…

C’est inconfortable et cela demande le courage de constater notre divorce avec la nature. Nous la traitons comme extérieure à nous, nous la maltraitons, l’exploitons, elle n’est ni une alliée, ni une partie de nous.

Nous nous en sommes coupés il y a quatre siècle avec Descartes qui a affirmé haut et fort : « L’homme est le seul maître possesseur de la Nature ». Nous avons considéré le monde comme une machine. Nous refusons de ressentir que nous sommes des êtres vulnérables, nous qui voudrions être tout-puissants et avoir la main mise sur le cours des choses.

La vie c’est le mouvement. Si nous n’agissons pas sur notre environnement interne pour changer, c’est l’environnement externe qui se chargera de nous faire bouger. C’est encore plus inconfortable de subir. Et c’est extrêmement violent… Nous sommes en plein dedans !

Comment pouvoir prétendre à maîtriser le cours des choses si nous ignorons le moindre changement de notre environnement ? Pendant que nous confondons royalement l’instant présent et le tout, tout de suite, le cheval nous ramène à l’essentiel.

Un cheval acceptera de vous suivre si vous prenez en compte tout l’environnement. En effet c’est impossible pour lui de vous faire confiance si vous êtes incapable de voir que le champ d’à côté vient d’être fauché ! Ca veut dire que vous êtes incapable de prendre en compte sa sécurité … et peut-être la vôtre ! Et il y a de fortes chances qu’il décide pour lui-même de sa propre sécurité en vous faussant compagnie.

Nous les considérons comme idiots de s’attarder sur l’insignifiance d’un champ coupé ou d’avoir peur d’une voiture qui fait du bruit ou d’un sac plastique qui s’envole… Il faut savoir que ce que nous avons créé comme la voiture ou le sac plastique ne fait aucun sens pour eux. Considérer l’autre comme un idiot quand sa réaction est la peur c’est perdre de son empathie.

Les chevaux considèrent ces objets comme des menaces à leur survie… et sincèrement ont-ils tort ?… car aujourd’hui si je reste avec mes deux exemples de voiture et de plastique, force est d’admettre qu’il s’agit d’une menace à notre propre survie et qu’il va falloir repenser notre monde.

J’ai récemment lu que nous avions des raisons de nous inquiéter des propos haineux de Monsieur Trump car les cerveaux exposés trop longtemps à des discours haineux perdraient de leur capacité empathique. Cette exposition répétée s’appelle la désensibilisation.

La désensibilisation est une technique utilisée depuis des siècles sur les chevaux pour les rendre insensibles à un contexte donné précis qui les effrayent. En soi cela part d’une excellente intention et c’est une bonne idée.

Si certaines excellentes personnes du monde du cheval peuvent le faire avec tact, force est de constater que  dans la majorité des cas ces méthodes sont utilisées dans une domination motivée par le résultat et son corollaire de violence émotionnelle provoquant de très haut niveau de stress chez le cheval … les coups de cravache pleuvent …pourquoi ? Parce que nous sommes insensibles à ce qu’ils peuvent ressentir et que nous sommes centrés sur une obligation de performance.

Cela fait des années que nous sommes insensibles à la maltraitance de l’environnement ce qui permet à mon sens d’aller jusqu’à élire un homme politique aussi improbable que Monsieur Trump.

Tout simplement parce que tous les jours nous commettons à notre propre échelle des actes qui devraient nous faire froid dans le dos et dont nous ne nous rendons même plus compte parce que nous ne nous révoltons pas contre quelque chose qui se pratique depuis très longtemps. Ca nous laisse dans le confort d’éviter de remettre trop d’acquis en question.

La vérité c’est que nous avons oublié notre liberté. Liberté d’agir, de penser, de ressentir
Nous vivons dans une zone de confort faites de routines quotidiennes : vie professionnelle, trajets, nourriture, etc… Cette zone de confort repose sur des principies, des valeurs, des habitudes où chaque jour ressemble au précédent dans ce que l’on croit être la sécurité.

S’ils n’ont pas les mêmes besoins physiologiques que nous, les chevaux ont le même cerveau limbique et la même connexion neuronale des émotions que nous. Nous nous sommes déconnecté de la Nature or il s’agit de faire AVEC elle et non contre ou sans elle. Les chevaux peuvent nous réapprendrent cette connexion et nous faire grandir à travers elle.

Le monde de l’entreprise a des responsabilités à prendre. D’ailleurs elle découvre d’autres formes de pensées, certains managers, cadres et chefs d’entreprises sont à la recherche de nouvelle forme de penser qui les bousculent.

C’est le principe de l’APM (association pour le progrès du management), du GERME (groupe d’entraînement de réflexion au management des entreprises) du CJD (comité des jeunes entreprises)…

Ces managers s’interrogent sur leur posture et se demande comment inspirer confiance… une compétence que l’on apprend (ou pas) sur le tas car aucun cursus universitaire enseigne ce genre de compétence.

Avec les chevaux cela s’acquiert facilement au travers d’expériences positives, ce qui offre aussi la possibilité d’une nouvelle compréhension du monde.

Ce qui veut dire, devenir adulte et responsable, de trouver des solutions plutôt que d’aller aux conflits, de préserver les alliances et les honoter, de gérer et négocier des contrats et peut-être retrouver la notion de désir et de créativité que nous avons perdue au profit de l’esprit de compétition, de rendement, du despotisme de l’urgence et de l’obligation de résultat.

L’équicoaching est un des moyens pour l’entreprise de remettre le vivant au centre de ses préoccupations.

Qu’est-ce que cela met en jeu fondamentalement ?

– notre confiance en nous au travers d’expérience innovante et positive avec eux
– en oubliant les cravaches activer notre sens profond de la motivation dans la relation avec eux
– notre capacité d’empathie et le respect de la liberté de l’autre s’il refuse de nous suivre
– notre capacité à inspirer confiance
– notre bienveillance à l’égard du vivant
– notre maintien de la relation même si un désaccord intervient
– cela nous oblige à nous connecter au non verbal parce que le cheval ne maîtrise pas notre moyen de communication privilégié qu’est le langage ou la lecture
– cela nous oblige à rencontrer nos ressentis autrement que par un écran parce qu’un cheval ne lit pas les sms ou les emails

En conclusion le digital est un merveilleux moyen de communication qui est à utiliser avec subtilité et parcimonie. Le danger est de le privilégier au profit de tout autre forme de communication dont nous avons besoin pour nous définir dans le monde réel : l’empathie du lien à l’autre et le non-verbal qu’aucun écran au monde pourra jamais remplacer.