Le temps ET ce qui compte vraiment... - Chevalliance

La transmission des informations est de plus en plus rapide. Vous savez ce que c’est… D’ailleurs cela vous est-il arrivé de rester sans voix par manque de la juste phrase qui soit claire pour tout le monde? Comment apréhender le temps pour être compris? Comment trouver le bon rythme pour suivre et pour être suivi? Un leader dirige des équipes, et pour cela il communique la direction au mieux de son agenda dont en principe il a la maîtrise. Il communique aussi sur la manière dont il envisage son propre timing. 

« Vous comprenez il y a quand même un impératif financier et des résultats à atteindre! C’est la réalité de l’entreprise! Vous voyez ce que je veux dire… »

Et bien non justement je ne vois pas ce que vous voulez dire, Gérald! Les coachings traditionnels portent plus souvent sur un aspect technique et c’est vrai qu’une bonne technique peut donner d’excellent résultat. Suivre des formations est une bonne chose. Et c’est bien ce que Gérald fait. Cependant la pression qu’il se met pour gérer son équipe, mener les projets et boucler ses dossiers le met dans un état de frustration chronique. Il a déjà été coaché sur ce thème et connaît tous les outils aussi bien qu’un professionnel sans pouvoir améliorer ce point qui génère des difficultés relationnelles avec ses équipes. Gérald s’exprime presque par onomatopées pour gagner du temps! « Tac! » pour « c’est fait », « Zou » pour « allez-y », « Mmmh » pour « vous me dérangez et si je vous le dit j’explose », « Pfff » pour « ça prend trop de temps », « Allez » pour … ??? ses équipes ne savent pas où aller justement! Ce qui lui fait perdre le crédit d’avoir été nommé à ce poste de dirigeant.

Parce que l’équicoaching lui est présenté comme un moyen ultime rapide d’obtenir un résultat il accepte un accompagnement.

Gérald rentre de plein fouet dans le vif du sujet : il va devoir créer du lien avec le cheval pour simplement avancer avec lui! Son modus operandi pour entrer en relation est inopérant car il considère cela comme une perte de temps!… Autrement dit « nous sommes là pour faire quelque chose alors faisons-le qui que vous soyez ça m’est égal!« 

Jusque là il considérait que son titre lui donnait sa place et que tous devaient suivre. La hiérarchie maintient en place un système et masque les défauts de fonctionnement par une forme de pression. Le défi permanent des leaders et managers va là où se porte leur attention dans la gestion de leur temps!

Et là, le cheval refuse de le suivre, …. pire il s’éloigne! Et Gérald de s’énerver car il retrouve dans l’attitude du cheval ce petit quelque chose qui l’irrite chez ses équipes. Il retrouve aussi un peu de l’insécurité qui va avec, et qui fait que pour Gérald ce qu’il conçoit bien est une perte de temps s’il faut l’expliquer. Il doit être compris tout de suite et s’en fout de la forme …

Brusquement Gérald découvre qu’il doit gagner sa place, commander ou au contraire laisser le cheval gérer la situation et se désengager de ses responsabilités. Ce qui lui convient fort peu!

Balloté entre frustration et vulnérabilité, Gérald réalise que son besoin d’être le meilleur est un des moteurs que ses pairs apprécient chez lui alors que fondamentalement ce côté kamikaze l’insécurise. D’où l’économie d’un investissement relationnel. Faire vite, beaucoup, en un minimum de temps!

Avec une cravache en main Gérald aurait communiquer sur ce qu’il sait faire : ne pas prendre de temps, et faire avancer… dans un rond de longe son égo aurait même pu croire aller dans la bonne direction! Seulement il est dans une carrière et les mains vides! Les prises de conscience se font très vite et pour une fois la rapidité est inconfortable pour Gérald.

Il va découvrir avec le cheval trois étapes qui vont lui changer la vie.

Étape 1. Tolérer… ou pas! C’est là où il découvre qu’il n’est pas très à l’aise et où son droit à la sécurité doit s’exercer. C’est là qu’être sur la défensive est sa première option avec des piques émotionnelles très inconfortables (vulnérabilité, peur, colère, frustration…). Gérald prend conscience que si le cheval refuse de l’accompagner c’est parce qu’il est défini par tout ce qu’il ne veut pas, n’aime pas, et ne peut pas gérer. Considérés comme des états d’âme encombrants jusque là il y mettait un grand cache misère.

Étape 2. Accepter C’est là où Gérald peut voir ce qui l’insécurise et plutôt que de s’en défendre fortement, il peut le reconnaître et chercher son contraire. Utiliser le contraste pour définir que ce qu’il préfère est plus enviable que le fait d’utiliser l’insécurité comme propulseur. Nous sommes défini par ce que nous aimons et ce que nous détestons.

Étape 3. Apprécier L’erreur est bannie à cette étape. Gérald découvre qu’en se définissant par ce que qu’il aime, tout est juste. C’est là où il se sent suffisamment en sécurité pour aller de l’avant. Il découvre que ce besoin de sécurité considéré comme inavouable est comblé et qu’il n’est plus nécessaire d’être sur la défensive. C’est ce qui le laisse libre de se définir par ce qu’il aime, ce qu’il veut, ce qu’il apprécie et ce que la vie professionnelle a à lui offrir.

Avec le cheval l’ajustement de Gérald est un apprentissage qui va vite. Le cheval voit exactement qui est Gérald et ce sur quoi sa communication se base :

  • Une position haute : autorité, agressivité = le cheval s’en va
  • Une position basse : impuissance, sabotage = le cheval batifole où il veut
  • Une position assertive : sécurité, fluidité, aisance = le cheval le suit


Se repositionner sur ces trois étapes permet d’évoluer en étant en sécurité : tolérer, accepter, apprécier…

Ce qui ce conçoit bien s’énonce clairement, et les mots pour le dire viennent aisément… Pour peu qu’on prenne le temps!