Vous avez le droit de faire des erreurs….elles sont formatrices !

On est d’accord l’excellence est ce vers quoi tous dirigeants, coachs ou thérapeutes devraient – je souligne « devraient » – tendre. La réalité est différente. Si nous sommes considérés comme des leaders spirituels pour nos clients, ou des leaders tout courts pour nos équipes, l’idée est une sorte d’idéal presque mythique difficile à atteindre. L’écart entre qui nous sommes dans le privé et qui nous sommes dans la posture est fluctuant. Parfois proche de ce que nous souhaitons être, parfois complètement éloigné. Entre les deux le stress prend le micro et ne nous laisse plus en placer une…

Le quotidien des rendez-vous annulés, des factures à payer, des soucis familiaux, des mauvaises connexions Internet, de la complexitude des administrations auxquelles nous sommes tous contraints fait aussi partie de notre lot et parfois le client ou l’équipe est pris d’effroi dans ce qu’il découvre : notre humanitude ! QUOI ? Vous n’êtes pas parfait ???

L’important dans l’erreur est qu’elle nous permet de comprendre que nous sommes profondément humains et que là où certains clients ou certains membres de nos équipes nous positionnent (ou là où parfois nous –mêmes croyons que l’on nous attend !) est souvent totalement déraisonnable.

J’ai appris récemment qu’il existe aux Etats-Unis des clubs très sélects où vous êtes admis seulement si vous avez réussi un business qui s’est soldé par une faillite retentissante et que vous avez par la suite remonté un autre business tout aussi brillant que le premier. J’aime cette idée où la place à l’erreur est mise en avant comme un apprentissage qui vous rend fort comme un chevalier du Moyen-Age.

L’intervention d’un cheval dans les relations humaines équicoachs-clients m’a fait découvrir que peu importe la distraction, la mauvaise évaluation, le surinvestissement déplacé, la fatigue souvent, le surplus du multi-tâches qui peuvent mener au burn-out (une forme de faillite humaine) l’essentiel est la qualité de la relation. La qualité de la relation à soi et à l’autre.

Etre au mauvais moment au mauvais endroit arrive à tout le monde. C’est ce que l’on en fait qui importe et l’essentiel est de préserver la qualité de la relation.

Tout ce qui précède m’est venu d’une fracture d’orteil conséquence matinale d’un sabot atterri sur la fine couche caoutchoutée d’une botte « aigle ». Mon hurlement d’horreur quand mon cerveau a compris que ma lenteur de réaction aurait des conséquences fatales a fait fuir mon cheval qui n’a manifestement pas compris l’origine de cette explosive réaction sonore et gesticulante. Toute la palette d’émotions possibles qui vont de la sensation de trahison à la colère est restée encapsulée dans la douleur et la pleine conscience de ce que c’était involontaire de sa part. C’est tout ce qui importait à ce moment-là.

Au passage c’est précisément un cheval qui a bien du mal construire une relation… peut-être à lui-même d’ailleurs. Et alors que nous cheminons vers une forme d’harmonie un élément intervient qui nous surprend tous les deux. Et nous restons sonnés, chacun sur sa berge, un peu vulnérables l’un et l’autre… moi de me demander si je vais arriver à mettre un pied devant l’autre tant j’ai mal et lui peut-être de me trouver imprévisible à pousser de tels cris incohérents dans le jour qui se lève !

Il en va de même pour la posture d’équicoach ou de dirigeant. Le client a parfois bien du mal à construire sa relation à lui-même ou l’équipe a parfois bien du mal à construire un relationnel motivant et la confiance peut alors être bien difficile à installer. Dans cette construction nous pouvons faire de mauvaises évaluations… qui peuvent laisser des traces indélébiles si nous ne nous autorisons pas à accepter nos erreurs en tant que guide.

Si nous faisons des erreurs, cela permet aux autres d’en faire, et si nous réussissons cela permet aux autres de réussir. L’essentiel est d’être dans une relation qui se réajuste constamment.

Je tente d’enseigner cela aux futurs équicoachs et qu’ils oublient d’essayer qu’au premier client ils soient parfaits, justes, dans la bonne posture et une totale écoute. Nous devons tendre constamment vers cela bien sûr. S’autoriser des erreurs nous permet d’apprendre, s’autoriser des erreurs nous permet un réajustement. Simplement cela peut offrir un vrai succès relationnel… et c’est parce que les erreurs sont formatrices qu’elles nous offrent toute la richesse de notre humanité !