Equicoaching... un fourre tout galvaudé ? - Chevalliance

Vous êtes en droit de savoir ce que vous pouvez attendre d’une offre d’équicoaching.

Ayant déjà évoqué les différences entre l’équicoaching et l’équithérapie. Aujourd’hui j’aimerais aborder le thème de l’équicoaching et de l’équitation éthologique. Car vous devez savoir que si on vous propose de monter à cru sur un cheval au bout d’une demie journée vous aurez tout fait sauf de l’équicoaching.

Pour schématiser car il y a beaucoup de courant qui se sont développés, disons que l’équitation éthologique est une méthode venant des Etats-Unis importée en France principalement par Pat Parelli via Silvia Furrer une femme de cheval qui a beaucoup d’intuition. Le génie de Pat a été de décliner son approche en 7 étapes  pour établir une relation avec un cheval sur le principe de confort vs inconfort et ce dans l’unique but d’obtenir du cheval ce que l’on veut qu’il fasse pour nous.

Cette méthode s’adresse uniquement aux cavaliers ou aux personnes potentiellement cavalières. L’enseignant doit être lui-même instructeur en équitation éthologique, et de préférence sanctionné par ce que l’on appelle des « savoirs éthologiques » ou des « niveaux Parelli » étoilés ou pas, ou instructeur ANH, Firfol et autres courant (en France, en Suisse et en Belgique). Il peut aussi avoir fait des études d’éthologie dans une Université.

Si vous avez un cheval et que vous souhaitez faire de la compétition en complet, il est évident qu’il va falloir apprendre à votre cheval à entrer dans un van. Le principe de l’équitation éthologique va donc être de mettre le cheval dans l’inconfort à chaque fois qu’il évitera le van (les chevaux sont claustrophobes) pour qu’il finisse par céder en allant là où on lui dit d’aller.

Selon la finesse de l’instructeur, le degré de confiance entre les deux protagonistes, le cheval va donc être obligé de sortir de sa zone de confort, mis sous stress (car tout son instinct lui hurle que cet endroit étroit est dangereux pour lui).

L’amalgame qui peut être fait entre l’équitation éthologique qui propose des services de coachings et/ou d’équicoaching est de retrouver des instructeurs qui vont faire la même chose avec le client : l’obliger à sortir de sa zone de confort…C’est bien toute l’ambiguité du coaching par ailleurs car le client est souvent demandeur. Il souhaite quitter sa zone de confort sans savoir consciemment comment s’y prendre.

Si l’on vous demande de faire bouger un cheval dans un rond de longe avec une cravache à la main, c’est autre chose que de l’équicoaching.  Vous allez repartir avec la fierté de savoir faire bouger une masse vivante de 500 kg avec une pression si nécessaire. Mais fondamentalement qu’aurez-vous découvert de votre leadership?

Faire bouger le même cheval sur une piste sans autre instrument que vous-même, vos pensées, vos émotions, vous fait découvrir vos solutions à créer du lien.  Et l’équicoach formé à une éthique de coaching et de respect du cheval vous aide à faire émerger vos solutions sans jamais vous mettre en stress et parfois en vous ramenant au respect de vos limites.

L’équicoach va laisser le cheval faire des propositions à son client pour que celui-ci puisse explorer par le ressenti l’apprentissage de son positionnement grégaire, de l’intelligence émotionnelle, l’ouverture des lobes frontaux, la gestion du stress, le pouvoir de ses propres croyances, etc…Pour faire une comparaison osée avec l’exemple qui précède sur le cheval et le van, il va laisser son client explorer le van à son rythme pour découvrir que c’est un espace agréable. Jamais il ne mettra son client dans l’inconfort et le stress. C’est l’ouverture du champ des possibles dans un rapport de vivant (l’humain) à vivant (le cheval).

L’expérience était unique et dévoile vraiment des connaissances sur soi-même en tant que personne, nous dira Fatima, manager, après une journée d’équicoaching d’entreprises.

L’équicoach va laisser son client explorer les propositions du cheval et là où il souhaite aller en activant le coaching par le développement de ses propres solutions sans jamais imposer quoique ce soit. Si l’on vous place dans une piste seul avec un cheval, les mains vides, cela vous apprend que vous êtes un être vivant qui peut avoir beaucoup de scénarios sur ce qui pourrait se passer avec cet autre être vivant qui de son côté a envie ou pas de venir à votre rencontre. Et quand il vient à votre rencontre jusqu’où acceptez-vous qu’il s’approche? Avec quelle attitude? Et s’il s’éloigne… Comment allez-vous rentrer en contact avec lui? Qu’est-ce qui se passe pour vous? … c’est de l’équicoaching!

Après une journée sur les compétences de leader, Stephen témoigne :
Le point fort de cette journée a été d’être sensibilisé à la différence entre l’autorité et le pouvoir. Le premier étant plutôt tributaire de mon quotient émotionnel.

Ce témoignage démontre à quel point il est important de laisser les rencontres se faire car elles sont fondamentalement formatrices. Cela se déroule dans la découverte et la conscience de soi. Monter à cru sur un cheval sur une demie journée ou apprendre une technique à l’aide de cravache ou tout autre instrument contondant nous met dans une position de pouvoir et de dominance vis-à-vis de l’autre. C’est grisant peut-être mais en cas de stress cela sera totalement contre productif. L’équicoaching peut vous faire découvrir toute la différence.

Les propositions de service s’adressent à toutes personnes, sans aucune connaissance équestre, qui souhaitent évoluer soit en milieu professionnel ou privé. Et les cavaliers sont bienvenus!…

Le cheval est toujours dans le confort. Quand il a le droit de s’exprimer il devient un authentique curseur de vérité qui fait avancer là où l’on en a besoin, et non là ou l’enseignant pense que vous en avez besoin.

On est loin d’un rapport de dominance, c’est une totale collaboration pour apprendre à évoluer. Et si le client exprime le souhait de monter à cru ce sera la cerise sur le gâteau d’un apprentissage de soi sur plusieurs heures étalées sur plusieurs semaines et avec l’accord du cheval. Jamais parce que l’on a imposé au cheval au bout d’une demie journée le poids d’un inconnu sur son dos.

L’équicoaching est un apprentissage global alors qu’avoir fait une formation de coach et une formation d’instructeur éthologique sont deux apprentissages différents dont l’application est plus compliquée.

L’équicoach doit donc avoir une formation d’équicoaching spécifique c’est-à-dire au sein même de sa formation avoir fait l’apprentissage de la double posture de coach, d’équicoach et d’avoir appris à « écouter » le cheval dans toutes les dimensions de ce qu’il peut exprimer. Il ou elle peut bien sûr être instructeur en équitation éthologique sans que cela soit essentiel.

La présentation d’une certification d’équicoaching est préférable car les formations d’équicoaching offrent la garantie d’un réel travail sur soi en étant accompagné du cheval.

La certification détermine la maturité de l’équicoach, sa compréhension des outils, l’acquisition de la double posture de coach et d’équicoach d’une grande justesse tout en vous garantissant qu’il ou elle ne sera jamais dans la prise de pouvoir de vos apprentissages,… et sans jamais obliger le cheval!